Le 1er janvier n'a pas toujours été le premier jour de l'année. Il a fallu des siècles de réformes calendaires — de Romulus à Jules César, des conciles médiévaux à Charles IX — pour que toute l'Europe s'accorde sur cette date. Aujourd'hui, c'est le seul jour férié universellement partagé à l'échelle planétaire.

Dates et pont en 2026, 2027 et 2028

Le Jour de l'An tombe toujours le 1er janvier. La date est fixe, mais le jour de la semaine change chaque année — ce qui détermine si un pont est possible et combien de jours de repos vous pouvez enchaîner.

AnnéeDateJourStatut
20261er janvier 2026JeudiChômé et payé
20271er janvier 2027VendrediChômé et payé
20281er janvier 2028SamediChômé et payé

Faire le pont ?

4 jours
2026 — Jeudi
Pont possible : prenez le vendredi 2 janvier et vous obtenez 4 jours de repos consécutifs — jeudi, vendredi, samedi, dimanche.
3 jours
2027 — Vendredi
3 jours de repos naturels : vendredi, samedi, dimanche. Pas de pont à organiser.
2 jours
2028 — Samedi
Samedi : week-end standard de 2 jours. Pas de récupération pour les salariés.

Statut légal : chômé et payé pour tous

Le 1er janvier fait partie des 11 jours fériés légaux définis par l'article L.3133-1 du Code du travail. Contrairement à d'autres jours fériés qui peuvent être travaillés selon les accords de branche, le Jour de l'An est à la fois chômé (pas d'obligation de travail) et payé (maintien intégral du salaire).

SituationRègle applicable
Salarié en CDI, CDD ou intérimJournée chômée et payée — même droit quel que soit le contrat
Salarié contraint de travaillerMajoration de salaire selon convention collective (souvent +100 %)
Travailleur indépendantAucune obligation légale de fermer ou de se reposer
Commerces alimentairesAutorisés à ouvrir (supermarchés, boulangeries, pharmacies, stations-service)
Restaurants et hôtelsAutorisés à ouvrir — majoration variable selon convention collective hôtellerie-restauration

Histoire : pourquoi le 1er janvier est-il le début de l'année ?

Cette date n'a rien d'évident ni d'universel. Elle est le résultat d'une longue série de réformes qui traverse deux millénaires.

Le calendrier de Romulus : une année de 10 mois (et pas de janvier)

Dans le tout premier calendrier romain attribué au roi Romulus (VIIIe siècle av. J.-C.), l'année ne comptait que 10 mois et 304 jours, et commençait en mars — le mois de Mars, dieu de la guerre. Janvier et février n'existaient pas encore. L'hiver était une période non comptée, un vide entre la fin de septembre et le début de la prochaine campagne militaire.

Son successeur, Numa Pompilius (vers 713-673 av. J.-C.), ajoute les mois de janvier et de février pour combler ces 61 jours d'hiver, portant l'année à 355 jours. Mais l'année commence toujours en mars.

153 av. J.-C. : le 1er janvier devient le début de l'année consulaire

Le tournant décisif se produit en 153 avant J.-C. pour une raison purement administrative. Rome décide que les consuls — les deux magistrats élus annuellement qui dirigent la République — entreraient en fonction le 1er janvier plutôt qu'en mars. Comme les Romains dataient les années d'après le nom des consuls en exercice, le 1er janvier devient de facto le début de l'année civile.

Janus, le dieu bifrons qui donne son nom au mois, était la figure idéale : un visage regardant le passé, un autre l'avenir. Il est le dieu des commencements, des passages et des transitions — le seul grand dieu romain sans équivalent dans la mythologie grecque.

46 av. J.-C. : Jules César modernise le calendrier

Le calendrier romain pré-julien s'était désynchronisé de plusieurs semaines avec les saisons. Jules César, conseillé par l'astronome égyptien Sosigène d'Alexandrie, réforme le système en 46 av. J.-C. Le nouveau calendrier julien (365 jours + une année bissextile tous les 4 ans) maintient le 1er janvier comme premier jour, mais introduit une légère erreur de 11 minutes et 14 secondes par an qui s'accumulera sur seize siècles.

Le Moyen Âge : la fragmentation des débuts d'année

Après la chute de Rome en 476, le 1er janvier perd son caractère universel en Europe chrétienne. Différentes dates coexistent selon les régions et les traditions liturgiques :

Cette diversité créait une confusion documentaire permanente. Un acte daté "15 mars 1300" en France était daté "15 mars 1299" en Angleterre selon la pratique en usage.

1564 : l'édit de Roussillon unifie la France

Le roi Charles IX signe l'édit de Roussillon en janvier 1564, qui impose à toute la France de commencer l'année le 1er janvier. C'est la première réforme majeure qui met fin à la fragmentation des débuts d'année sur le territoire français.

L'adoption reste progressive : on retrouve encore des documents datant selon l'ancien style pendant plusieurs décennies. Mais l'édit de Roussillon est le texte fondateur qui fixe définitivement le 1er janvier comme début de l'année civile française — plus de deux siècles avant la Révolution.

1582 : Grégoire XIII corrige les erreurs accumulées

Le pape Grégoire XIII corrige en 1582 les 10 jours d'erreur que le calendrier julien avait accumulés depuis Jules César. Le 15 octobre 1582 suit le 4 octobre en France, en Espagne et en Italie. Il ajuste les règles d'années bissextiles (les années séculaires ne sont bissextiles que si divisibles par 400). C'est ce calendrier grégorien que nous utilisons aujourd'hui partout dans le monde.

Traditions du Jour de l'An en France

Le réveillon du 31 décembre

La nuit du 31 décembre au 1er janvier est le cœur des célébrations. Plus festif et moins familial que le réveillon de Noël, il réunit avant tout les amis. Dîners gastronomiques, soirées privées, fêtes publiques, bals : les formats sont variés selon les générations et les villes. Les ventes de champagne atteignent leur pic annuel dans les jours précédant le 31 décembre — la France exporte chaque année plus de 300 millions de bouteilles de champagne et en consomme elle-même une part importante lors des fêtes de fin d'année.

Les vœux de bonne année

S'adresser des vœux en début d'année est l'une des traditions les plus ancrées en France. Elle prend différentes formes selon les générations :

Les étrennes

Offrir de l'argent ou des présents au début de l'année remonte aux Romains. Les strenae (du nom de la déesse Strenia, déesse de la vigueur) étaient des présents symboliques échangés au début de l'année — branches de figuier, miel, pièces de monnaie. En France, les étrennes désignent aujourd'hui les gratifications données en janvier aux facteurs, gardiens d'immeubles, éboueurs et autres prestataires réguliers dont on veut saluer le travail.

Feux d'artifice et illuminations

De nombreuses villes organisent des spectacles pyrotechniques à minuit. Paris illumine la Tour Eiffel et les Champs-Élysées. Chaque commune organise ses propres festivités. Les feux du Nouvel An ont la particularité d'être visibles depuis n'importe quel point élevé de la ville, sans billet ni réservation préalable — contrairement aux feux du 14 juillet organisés en un lieu précis.

Le Nouvel An dans le monde

Le 1er janvier grégorien est le jour férié le plus universellement partagé, mais les traditions varient considérablement selon les cultures.

Pays / LieuTradition particulière
Australie — SydneyPremier grand feu d'artifice de l'année, diffusé mondialement depuis le Harbour Bridge (minuit local = 13h en France)
États-Unis — New YorkChute de la "ball" de Times Square depuis 1907, suivie par plus d'un milliard de téléspectateurs
Espagne12 raisins avalés à chaque coup de cloche de minuit pour s'assurer 12 mois de chance (tradition depuis le XIXe siècle)
Écosse — ÉdimbourgHogmanay, l'une des plus grandes fêtes du Nouvel An en Europe, avec processions aux flambeaux
Brésil — Rio de JaneiroDes millions de personnes vêtues de blanc se retrouvent sur les plages pour honorer Iemanjá, déesse de la mer
DanemarkLes Danois brisent des assiettes contre les portes de leurs amis pour leur porter chance
GrèceOn offre une pomme grenade jetée contre la porte pour faire entrer la prospérité
Les autres Nouvel An dans le monde : le 1er janvier grégorien n'est pas le seul début d'année de l'humanité. Le Nouvel An lunaire chinois (Chūnjié) se fête entre janvier et février. Roch Hachana, le Nouvel An juif, tombe en septembre-octobre selon les années. Nowrouz, le Nouvel An persan, est célébré le 21 mars (équinoxe de printemps) par plus de 300 millions de personnes en Iran, Asie centrale et diaspora.