Hanouka est l'une des fêtes les plus populaires du judaïsme, non pas par son importance liturgique (elle est considérée comme une fête mineure), mais par ses rituels lumineux, ses beignets parfumés et sa façon de résister à l'obscurité de décembre. Pendant huit soirs, une bougie s'ajoute au chandelier jusqu'à illuminer toute la fenêtre.
Hanouka en 2026, 2027 et 2028
Hanouka commence le 25 Kislev du calendrier hébreu et dure 8 jours. Elle coïncide souvent avec décembre, ce qui explique son association avec la période de Noël dans les pays occidentaux.
| Année | Premier soir (25 Kislev) | Dernier jour (8e jour) |
|---|---|---|
| 2026 | soir du 14 décembre 2026 | 22 décembre 2026 |
| 2027 | soir du 4 décembre 2027 | 12 décembre 2027 |
| 2028 | soir du 23 décembre 2028 | 31 décembre 2028 |
Les Maccabées et le miracle de l'huile
Hanouka commémore un événement survenu en 165 avant notre ère. La Judée était sous domination séleucide (empire grec d'Antiochos IV Épiphane). Le roi avait profané le Temple de Jérusalem, instauré le culte de Zeus et interdit la pratique du judaïsme sous peine de mort.
Un groupe de résistants juifs, les Maccabées (du terme araméen signifiant marteau), menés par Judas Maccabée, se révoltèrent et reprirent le Temple après trois ans de guerre de guérilla. Lorsqu'ils le purifièrent et voulurent rallumer la menorah (chandelier à 7 branches), ils ne trouvèrent qu'une seule fiole d'huile pure, scellée du sceau du Grand Prêtre, suffisante pour un seul jour. Selon le Talmud, cette huile brûla miraculeusement pendant 8 jours, le temps d'en préparer de la nouvelle. C'est ce miracle que commémore Hanouka.
La hanoukia : comment allumer les bougies
La hanoukia est le chandelier spécifique à Hanouka, avec 9 branches : 8 pour les 8 nuits et une neuvième, le chamach ("servante"), qui sert uniquement à allumer les autres. Elle se distingue de la menorah à 7 branches, symbole du Temple.
- Placer la hanoukia à la fenêtre ou près de la porte d'entrée, visible de l'extérieur, pour "proclamer le miracle" (pirsoumet ha-nes).
- Le premier soir, placer une seule bougie à l'extrémité droite de la hanoukia.
- Les soirs suivants, ajouter les bougies de droite à gauche : chaque nouvelle bougie est placée à gauche de la précédente.
- Allumer de gauche à droite : toujours commencer par la bougie la plus récemment ajoutée (à gauche), celle qui honore la nuit en cours.
- Réciter les bénédictions (brachot) avant d'allumer, dont le Sheheheyanu le premier soir seulement, pour remercier d'être encore en vie pour vivre ce moment.
Soufganiyot et latkes : les fritures de Hanouka
Les aliments frits dans l'huile sont de mise à Hanouka, en référence directe au miracle de l'huile. Deux recettes dominent selon les traditions familiales : les soufganiyot (beignets à la confiture, tradition séfarade et israélienne) et les latkes (galettes de pommes de terre râpées, tradition ashkénaze d'Europe de l'Est).
Latkes (galettes de pommes de terre)
| Ingrédient | Quantité (pour 12 latkes) |
|---|---|
| Pommes de terre à chair ferme | 600 g |
| Oignon jaune | 1 (moyen) |
| Oeufs | 2 |
| Farine ou fécule de pomme de terre | 3 cuil. à soupe |
| Sel | 1 cuil. à café |
| Poivre noir | à votre goût |
| Huile de friture (tournesol ou pépin de raisin) | généreuse quantité |
- Éplucher et râper les pommes de terre. Presser fortement dans un torchon propre pour éliminer un maximum d'eau. C'est l'étape la plus importante : des pommes de terre bien essorées donnent des latkes croustillants, des pommes de terre humides donnent des galettes molles.
- Râper l'oignon finement et mélanger aux pommes de terre essorées.
- Ajouter les oeufs battus, la farine, le sel et le poivre. Mélanger.
- Faire chauffer 1 cm d'huile dans une grande poêle à feu moyen-vif.
- Déposer des cuillerées de préparation et aplatir légèrement. Cuire 3 à 4 minutes par face jusqu'à une dorure bien marquée.
- Égoutter sur du papier absorbant. Servir chaud avec de la crème fraîche ou de la compote de pommes.
Le dreidel : la toupie de Hanouka
Le dreidel (yiddish) ou sevivon (hébreu) est une toupie à quatre faces gravées de lettres hébraïques. Ce jeu, pratiqué le soir de Hanouka, porte une signification cachée : selon la tradition, pendant la persécution séleucide, les Juifs qui étudiaient la Torah en secret sortaient leur toupie à l'approche des soldats pour dissimuler leur activité.
| Lettre | Mot (diaspora) | Règle du jeu |
|---|---|---|
| נ (Noun) | Nes (miracle) | Rien : le joueur ne gagne ni ne perd |
| ג (Guimel) | Gadol (grand) | Prend tout le pot |
| ה (Hé) | Haya (s'est produit) | Prend la moitié du pot |
| ש (Chin) | Cham (là-bas) | Remet une pièce dans le pot |
Les quatre lettres forment l'acronyme de Nes Gadol Haya Cham : "Un grand miracle s'est produit là-bas." En Israël, le Chin est remplacé par un Pé (Po, "ici"), car le miracle s'est produit sur cette terre. On joue traditionnellement avec des pièces en chocolat enveloppées de feuille dorée.
Hanouka et Noël : une confusion à éviter
Hanouka est souvent présentée comme le "Noël juif", ce qui est inexact. Dans la hiérarchie des fêtes juives, Hanouka est une fête mineure, non prescrite par la Torah mais par le Talmud et les Livres des Maccabées. Elle se situe bien en dessous de Yom Kippour, Roch Hachana ou Pessa'h. Sa visibilité dans les pays occidentaux vient de sa proximité temporelle avec Noël, qui l'a poussée à prendre de l'importance surtout aux États-Unis.