Pourim est la fête du renversement : un homme puissant voulait détruire un peuple entier, une femme courageuse a tout changé. Deux mille cinq cents ans plus tard, on la célèbre avec des costumes, du bruit, des gâteaux triangulaires et une joie sans retenue.

Pourim en 2026, 2027 et 2028

AnnéePourim (14 Adar)Chouchan Pourim (grandes villes)
20263 mars 20264 mars 2026
202723 mars 202724 mars 2027
202812 mars 202813 mars 2028
Chouchan Pourim : Dans les villes entourées de remparts au temps de Josué (comme Jérusalem), Pourim est célébré un jour plus tard, le 15 Adar. En dehors d'Israël, toutes les communautés fêtent le 14 Adar.
Années embolismiques : Certaines années, le calendrier hébreu ajoute un mois Adar II. Pourim est alors célébré en Adar II. Ces années reviennent 7 fois sur 19. Pour les dates exactes : hebcal.com.

L'histoire d'Esther et d'Aman

L'histoire de Pourim est racontée dans le Livre d'Esther, appelé la Méguila (le rouleau). À la cour du roi perse Assuérus (Xerxès Ier, Ve siècle av. J.-C.), le premier ministre Aman obtient un décret royal ordonnant le massacre de tous les Juifs du royaume le 13 Adar. Un jour tiré au sort : le mot pourim signifie "tirage au sort" en hébreu.

Mordekhaï, un Juif de la cour, apprend le complot et alerte sa cousine Esther, devenue reine sans avoir révélé son identité juive. Malgré le risque de mort (approcher le roi sans y être convié était puni de mort), Esther se présente devant Assuérus, révèle son identité et plaide pour son peuple. Le roi renverse le décret, Aman est pendu à la potence qu'il avait lui-même fait construire pour Mordekhaï, et les Juifs sont sauvés.

Les quatre obligations de Pourim

La tradition rabbinique fixe quatre pratiques obligatoires (mitsvot) à Pourim :

  1. Écouter la Méguila : le Livre d'Esther est lu à voix haute deux fois, la veille au soir et le matin même. À chaque mention du nom d'Aman (il en compte 54 dans le texte), les fidèles agitent des crécelles (gragers), sifflent et tapent des pieds pour "effacer son nom." L'ambiance dans les synagogues est bruyante et festive, à l'opposé du recueillement des grandes fêtes.
  2. Mishloah manot : envoyer au minimum deux aliments différents, prêts à consommer, à au moins un ami ou voisin. Les enfants déposent souvent de jolis paniers garnis chez leurs proches.
  3. Matanot laévyonim : donner de l'argent ou de la nourriture à au moins deux personnes dans le besoin. La tradition insiste pour ne pas enquêter sur la légitimité du besoin : qui demande reçoit.
  4. Seudat Pourim : un repas festif en famille, accompagné de vin. La tradition va jusqu'à encourager de "boire jusqu'à ne plus savoir la différence entre Aman est maudit et Mordekhaï est béni" : la seule occasion dans l'année où une certaine ivresse est évoquée positivement dans la loi juive.

Les costumes

Se déguiser à Pourim est une coutume ancienne. Son origine fait débat : peut-être pour rappeler qu'Esther cachait son identité ; peut-être l'influence des carnavals chrétiens médiévaux. Aujourd'hui, c'est la grande fête du déguisement pour les enfants des communautés juives, comparée à Halloween ou au Carnaval.

Recette des hamantaschen (oreilles d'Aman)

Le gâteau traditionnel de Pourim est le hamantasch (allemand : "poche d'Aman") ou oznei Aman en hébreu ("oreilles d'Aman") : un biscuit sablé triangulaire fourré à la confiture de prune, à la pâte de pavot ou à d'autres garnitures. La forme triangulaire rappellerait le chapeau à trois pointes d'Aman.

IngrédientQuantité (pour 20 biscuits)
Farine300 g
Beurre froid (ou margarine pour version parve)150 g
Sucre glace80 g
Oeuf1
Lait ou jus d'orange2 cuil. à soupe
Extrait de vanille1 cuil. à café
Garniture (confiture de prune, pâte de pavot, ou confiture de framboise)1 cuil. à café par biscuit
  1. Sabler la farine avec le beurre froid coupé en dés jusqu'à obtenir une texture granuleuse et sèche.
  2. Ajouter le sucre glace, l'oeuf, le lait et la vanille. Pétrir rapidement sans trop travailler la pâte.
  3. Former une boule, envelopper dans du film alimentaire et réfrigérer 30 minutes minimum.
  4. Étaler la pâte sur 3 à 4 mm d'épaisseur. Découper des cercles de 8 cm de diamètre.
  5. Déposer une petite cuillerée de garniture au centre de chaque cercle.
  6. Replier trois côtés vers le centre pour former un triangle, en pinçant fermement les coins. Des angles bien serrés évitent que la garniture ne déborde à la cuisson.
  7. Cuire 15 à 18 minutes à 180 °C (chaleur tournante) jusqu'à légère dorure des bords.