Le 8 mars en 2026, 2027 et 2028

La Journée internationale des droits des femmes tombe toujours le 8 mars. Ce n'est pas un jour férié légal en France, bien qu'il le soit dans une quinzaine de pays.

AnnéeDateJourThème ONU
2026 8 mars 2026 Dimanche Annoncé chaque année par l'ONU Femmes
2027 8 mars 2027 Lundi Annoncé chaque année par l'ONU Femmes
2028 8 mars 2028 Mercredi Annoncé chaque année par l'ONU Femmes
Jour férié dans certains pays : Plusieurs pays font du 8 mars un jour férié officiel. C'est le cas de la Russie, l'Ukraine, la Biélorussie, la Chine, la Corée du Nord, Cuba, le Vietnam, la Mongolie et plusieurs pays d'Afrique sub-saharienne. En France, il reste un jour ordinaire de travail, mais les manifestations et événements publics ont fortement augmenté depuis les années 2010.

Histoire et origines du 8 mars

Contrairement à d'autres fêtes dont l'acte de naissance est précis, le 8 mars s'est imposé progressivement, par sédimentation de mouvements sociaux sur plusieurs décennies.

Les luttes ouvrières américaines (1857-1910)

L'histoire officieuse du 8 mars lie sa date à des événements américains de la fin du XIXe siècle : une grève d'ouvrières du textile à New York en 1857, un incendie dans une usine en 1908. Les historiens ont montré que ces événements précis sont partiellement mythifiés. La réalité est plus diffuse : les ouvrières américaines des industries du textile, de la confection et du tabac menaient tout au long des années 1880-1910 d'innombrables actions pour revendiquer de meilleures conditions de travail, la journée de 8 heures et le droit de vote.

En 1908, à New York, le Parti socialiste américain organise une "Journée nationale des femmes" le 28 février. Cette initiative inspire une militante allemande lors d'un congrès à Copenhague deux ans plus tard.

Clara Zetkin et la Conférence de Copenhague (1910)

C'est lors de la Conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague en août 1910 que Clara Zetkin (1857-1933), militante socialiste allemande et rédactrice en chef du journal Die Gleichheit, propose d'instaurer une "Journée internationale des femmes" annuelle pour porter les revendications féminines dans tous les pays.

La proposition est approuvée à l'unanimité par les cent délégées représentant dix-sept pays. La date n'est pas encore fixée. Les premières célébrations ont lieu en 1911 en Autriche, en Allemagne, au Danemark et en Suisse, avec des meetings, des manifestations et des rassemblements féministes.

La révolution russe et le 8 mars (1917)

La date du 8 mars s'impose progressivement par un événement majeur. Le 8 mars 1917 (selon le calendrier grégorien, mais le 23 février selon le calendrier julien encore en usage en Russie), des ouvrières textiles de Petrograd (Saint-Pétersbourg) déclenchent une grève et une manifestation pour réclamer du pain et la fin de la guerre. Cette action déclenche le mouvement qui aboutit en quelques jours à l'abdication du tsar Nicolas II : c'est le début de la révolution de Février.

Cet événement confère au 8 mars une dimension révolutionnaire et historique qui ancre définitivement la date dans les mouvements féministes et progressistes.

La Russie soviétique officialise le 8 mars (1921)

En 1921, lors de la Conférence internationale des femmes communistes de Moscou, Lénine et l'Internationale communiste fixent officiellement le 8 mars comme Journée internationale des femmes. L'URSS en fait un jour férié en 1965. Dans les pays du bloc soviétique, le 8 mars devient une fête institutionnalisée, souvent accompagnée d'un rituel de remerciement aux mères et aux femmes au foyer, ce qui lui vaudra des critiques dans certains mouvements féministes occidentaux qui le trouvaient trop "fleurs et chocolats" et insuffisamment politique.

La reconnaissance par l'ONU (1975)

L'ONU proclame 1975 Année internationale de la Femme et organise la première Conférence mondiale des femmes à Mexico. La même année, l'ONU reconnaît officiellement le 8 mars comme Journée internationale des femmes. En 1977, l'Assemblée générale des Nations Unies invite tous les États membres à proclamer une Journée pour les droits des femmes et la paix internationale. Depuis, chaque édition est organisée autour d'un thème annuel choisi par ONU Femmes.

En France : de la marge au courant majoritaire

En France, le 8 mars reste longtemps l'apanage de la gauche syndicale et des mouvements féministes radicaux. Les grandes centrales syndicales (CGT, CFDT) publient des communiqués, des rassemblements se tiennent place de la République à Paris. La fête commence à entrer dans le mainstream français dans les années 2010, sous l'effet des réseaux sociaux et du mouvement #MeToo (2017). Les entreprises du CAC 40 elles-mêmes organisent aujourd'hui des événements autour du 8 mars.

Quelques figures historiques du féminisme

NomÉpoqueContribution
Olympe de GougesFrance, 1748-1793Rédige la "Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne" en 1791, guillotinée sous la Terreur
Mary WollstonecraftRoyaume-Uni, 1759-1797Publie Vindication of the Rights of Woman (1792), première théorisation moderne du féminisme
Clara ZetkinAllemagne, 1857-1933Fondatrice de la Journée internationale des femmes (Copenhague, 1910)
Emmeline PankhurstRoyaume-Uni, 1858-1928Fondatrice du mouvement des suffragettes, combat pour le droit de vote obtenu en 1918 (UK)
Simone de BeauvoirFrance, 1908-1986Publie Le Deuxième Sexe (1949), texte fondateur du féminisme contemporain
Gisèle HalimiFrance, 1927-2020Avocate, combat pour l'avortement légal et défend les victimes de viol au procès d'Aix (1978)
Malala YousafzaiPakistan, née 1997Militante pour l'éducation des filles, Prix Nobel de la Paix 2014 (plus jeune lauréate)

Enjeux actuels : où en est-on ?

Si des progrès considérables ont été accomplis depuis le début du XXe siècle, les inégalités entre femmes et hommes persistent dans toutes les sociétés, à des degrés divers.

Les inégalités en France

IndicateurSituation en FranceSource
Écart de salaire moyen femmes/hommes~16,8 % en défaveur des femmes (salaires nets, tous temps)DARES 2024
Écart à poste équivalent~4,3 % (dit "inexpliqué")INSEE
Part des femmes dans les CA du CAC 40~45 % (loi Copé-Zimmermann 2011)Haut Conseil à l'Égalité
Part des femmes dans les gouvernements~45-50 % depuis 2020 (parité imposée)Vie publique
Femmes victimes de violences conjugales~213 000 par an (violences physiques et/ou sexuelles)Ministère de l'Intérieur 2023
Féminicides en France~118 à 146 par an selon les annéesMinistère de l'Intérieur
Droit de vote obtenu en France1944 (parmi les derniers pays d'Europe occidentale)Histoire

Dans le monde : un écart de progression très inégal

L'indice mondial des inégalités de genre du Forum Économique Mondial (Global Gender Gap Report) classe chaque année les pays selon leur avancement sur 4 dimensions : économie, éducation, santé, politique.

PaysClassement 2024 (WEF)% comblé de l'écart
Islande1er93,5 %
Finlande2e90,2 %
Norvège3e89,8 %
France~16e-20e~80 %
États-Unis~43e~74 %
Inde129e64,1 %
Pakistan145e57,5 %
Yémen146e (dernier)49,7 %

Source : World Economic Forum, Global Gender Gap Report 2024. L'indice mesure l'égalité réelle, pas les droits formels.

Les droits reproductifs : un enjeu mondial

L'accès à l'avortement reste un sujet politique majeur. En France, le droit à l'IVG est inscrit dans la Constitution depuis mars 2024, une première mondiale. Aux États-Unis, la décision Dobbs v. Jackson de la Cour Suprême (2022) a mis fin à la protection fédérale du droit à l'avortement, entraînant des interdictions dans une quinzaine d'États. Dans de nombreux pays d'Amérique latine, d'Afrique et d'Asie, l'avortement reste totalement ou partiellement illégal.

Le thème annuel de l'ONU Femmes : Chaque année, l'ONU Femmes choisit un thème pour la Journée du 8 mars, qui guide les événements officiels dans le monde entier. Ces thèmes reflètent les priorités internationales : en 2024, "Investir en faveur des femmes : accélérer le rythme." Le thème 2026 sera annoncé fin 2025. Consultez la page officielle ONU Femmes pour les thèmes actualisés.